Le mercredi 7 octobre 2026, les chaires de Sciences Po Rennes ont organisé le colloque « Bifurcation écologique, inégalités et territoires : quels indicateurs et quels baromètres ? », aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine.
Une journée de conférences et d’ateliers dédiée à un enjeu central de la transition écologique : comment mieux mesurer les inégalités face au changement climatique et à la transition, et comment transformer ces mesures en outils pour l’action publique ?
Comment les États et les groupes sociaux contribuent-ils de manière inégale au changement climatique ? Comment les coûts du changement climatique et de la transition écologique sont-ils répartis entre les différents groupes sociaux ? Quelles sont les inégalités entre citoyennes et citoyens dans leur capacité à « écologiser » leurs modes de vie ? Et quelles sont les relations entre inégalités sociales, spatiales et écologiques ?
Organisé par les chaires de Sciences Po Rennes (TMAP, APHAT, ECODETER), le colloque a réuni étudiantes et étudiants, chercheuses et chercheurs, élues et élus, ainsi que des spécialistes des politiques publiques, autour de conférences et d’ateliers, lors d’une journée animée par Pierre Wokuri, professeur junior en science politique à Sciences Po Rennes et titulaire de la chaire ECODETER.
Mesurer les inégalités et le soutien aux politiques de transition
La matinée a débuté par une première session consacrée aux indicateurs permettant d’analyser le soutien aux politiques publiques de transition et les inégalités en matière de décarbonation. Maël Ginsburger, maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Cité, et Théodore Tallent, docteur associé à Sciences Po, ont présenté différents travaux permettant d’appréhender les rapports entre politiques de transition, comportements et inégalités sociales.
Une seconde session s’est ensuite intéressée aux indicateurs permettant d’analyser l’appropriation locale de la transition et l’écologisation des territoires. Alice Mazeaud, maîtresse de conférences en science politique à l’Université de La Rochelle, Andy Smith, directeur de recherche en science politique, et Florence Jany-Catrice, professeure des universités en économie à l’Université de Rouen Normandie, ont partagé leurs travaux et leurs réflexions sur les outils permettant de caractériser et de suivre les transformations à l’échelle des territoires.
Des indicateurs à l’action publique
L’après-midi a été consacrée à des ateliers thématiques, permettant de réfléchir aux moyens d’opérationnaliser les indicateurs présentés le matin pour en faire de véritables outils au service de la construction, de la mise en œuvre et de l’évaluation des politiques publiques de transition écologique.
Quatre ateliers ont permis d’approfondir ces enjeux sous des angles complémentaires :
- Comment utiliser l’indicateur de qualité écologique des territoires comme un outil de construction, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques de transition ? Animé par Maxime Pailler, chercheur postdoctorant en aménagement de l’espace et urbanisme au sein de la chaire TMAP, et Florence Jany-Catrice.
- De l’ICD* au baromètre territorial de la bifurcation écologique : quels usages et quels arbitrages ? Animé par Marine Giraud, chargée de mission Policy Lab des Bifurcations à Sciences Po Rennes, et Maël Ginsburger.
- Comment construire des indicateurs de transition juste et de territorialisation des projets industriels de décarbonation ? Illustrations à partir du cas des zones portuaires. Animé par Angèle Le Prigent, consultante et chercheure en politiques publiques territoriales, associée à la chaire TMAP.
- Création d’un tableau de bord de pilotage des politiques et initiatives alimentaires locales. Animé par Morgane Esnault, chercheuse postdoctorante en géographie au sein de la chaire APHAT, et Gaëlle Petit, maîtresse de conférences en sciences de gestion et titulaire de la chaire APHAT.
* Instrument de Coopération au Développement
Ces ateliers ont permis de mettre en discussion les usages possibles des indicateurs, mais également les choix et arbitrages qu’implique leur construction. Au-delà de la mesure, les échanges ont ainsi porté sur la manière dont ces outils peuvent contribuer à éclairer les décisions, accompagner les transformations territoriales et évaluer les politiques de transition écologique.