Depuis 2023, Sciences Po Rennes explore les origines, les évolutions et les perspectives du modèle breton de la décentralisation à travers un cycle de journées d’étude. Après une première rencontre consacrée aux origines du modèle breton, « Existe-t-il un modèle breton de la décentralisation ? Les origines », en 2023, puis une deuxième journée consacrée au « Temps des bâtisseurs » en 2024, cette troisième édition, organisée le mardi 22 septembre 2026 à l’Hôtel de Courcy à Rennes, s’est intéressée à l’avenir du modèle breton de la décentralisation.
Organisée dans le cadre de la chaire Territoires et Mutations de l’Action Publique (TMAP) de Sciences Po Rennes, cette journée a réuni chercheurs, élus, acteurs économiques et représentants de la société civile afin de croiser les regards sur les évolutions institutionnelles et démocratiques de la Bretagne et sur les perspectives de la décentralisation.
Introduite par Loïg Chesnais-Girard, Président de la Région Bretagne et Romain Pasquier, chercheur au CNRS et à Sciences Po Rennes, la matinée a permis de revenir sur les spécificités du « modèle breton » et de questionner sa capacité à répondre aux enjeux actuels de la décentralisation.
De la décentralisation à la dévolution
La matinée s’est poursuivie avec une table ronde intitulée « De la décentralisation à la dévolution : qu’en attendre ? Quelles innovations institutionnelles ? », animée par Marc Rouzeau, de la chaire TMAP de Sciences Po Rennes.
En ouverture de cette séquence, Géraldine Chavrier, professeure des universités à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et constitutionnaliste, a présenté une intervention consacrée à « La dévolution : un projet politique et institutionnel ». Elle a apporté un éclairage constitutionnel et extérieur au contexte breton, avant de prendre part aux échanges aux côtés de Victor Bonnot, maire de Saint-Brieuc, Julien Carmona, président du Crédit Mutuel Arkéa, et Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne.
Au fil de la discussion, Géraldine Chavrier a également contribué à mettre en perspective et à synthétiser les différents points de vue exprimés, permettant de faire ressortir les enjeux institutionnels et politiques soulevés par la perspective d’une évolution du modèle breton de décentralisation.
La Bretagne au regard de l'expérience corse
L’après-midi s’est ouverte avec une intervention de Wanda Mastor, professeure des universités à l’Université de Corte et constitutionnaliste, consacrée à l’expérience corse et à ce qu’elle peut apporter à la réflexion sur l’évolution institutionnelle de la Bretagne.
Wanda Mastor a ensuite pris part à la seconde table ronde, également animée par Marc Rouzeau, consacrée au modèle breton à l'épreuve du défi démocratique. Ronan Le Coadic, professeur émérite à l’Université Rennes 2, sociologue, Lydie Massard, porte-parole de l’Union Démocratique Bretonne, Sylvain Ernault, journaliste à Splann ! et Romain Pasquier, titulaire de la Chaire TMAP Sciences Po Rennes, ont échangé sur les enjeux de participation citoyenne, de représentation et de démocratie territoriale, ainsi que sur les singularités de la Bretagne.
Tout au long de la journée, les échanges entre universitaires, responsables publics, acteurs économiques et représentants de la société civile ont permis de croiser les regards sur les transformations possibles de l’action publique territoriale.
Cette rencontre a ainsi ouvert une réflexion plus large sur l’avenir de la décentralisation en France et sur la capacité des territoires à faire face aux défis économiques, sociaux, écologiques et culturels des prochaines décennies.