Son parcours
Après un bac L obtenu en 2014, Manon entre en classe préparatoire littéraire au lycée Descartes de Tours. Elle intègre le campus de Caen de Sciences Po Rennes en 2ème année par convention grâce à la qualité de son dossier et à un entretien réussi. Après une 3ème année de stage en France et en Suède, elle complète sa formation Sciences Po avec le master Stratégies innovantes des territoires urbains : anticiper les transitions (In Situ).
D’abord intéressée par les thématiques du master In Situ, Manon réalise qu’elle ne souhaite pas devenir urbaniste ni fonctionnaire territorial. Elle s’intéresse alors aux journaux proposés par la bibliothèque du campus de Caen et se découvre une véritable passion pour l’analyse des enjeux de l’aménagement par l’écriture. Elle décide alors de postuler à des stages et des alternances dans le journalisme.
Manon a effectué de nombreux stages au cours de son parcours. Lors de sa 3ème année, elle commence par deux mois dans un laboratoire d’archéologie à Tours, où elle découvre l’utilisation du logiciel QGIS. Elle part ensuite vivre six autres mois en Suède dans une association promouvant la transition écologique des villes via le modèle des éco-municipalités. Elle s’implique en parallèle dans un projet personnel : la production d’un documentaire de 45 minutes sur la manière suédoise d’aborder la transition écologique.
Lors de son master 2, au lieu d'une alternance classique, elle effectue deux stages de six mois. La première partie se déroule dans la revue Silence, à Lyon, média engagé dans l’écologie, où elle découvre concrètement le métier de journaliste. Elle effectue la seconde partie de son année chez Construction21, axé sur le BTP (Bâtiment et travaux publics). Ce dernier l'embauche dès l’obtention de son diplôme.
Après cette première expérience, elle part voyager un temps à l’étranger. Elle revient ensuite à Tours pour faire de la radio associative dans le cadre d’un service civique. Après une période en freelance, elle obtient son poste actuel, où elle travaille depuis près de deux ans.
Son métier
Manon est aujourd’hui journaliste pour Batiactu, un média spécialisé dans le BTP, l'aménagement et la construction, qui s’adresse aux professionnels de ces secteurs. En possession de la carte de presse, ses missions incluent la rédaction d'articles, les interviews, la participation à des conférences et voyages de presse, ainsi que la recherche de sujets. Elle effectue une veille d’actualité quotidienne et écrit sur le BTP, la transition énergétique, les énergies renouvelables, tout en couvrant des enjeux économiques et politiques. Le site comprend plusieurs rubriques (logement, architecture, infrastructures, industrie, etc.). Manon a pu mettre en avant son profil généraliste et adaptable, acquis lors de sa formation à Sciences Po Rennes. Elle occupe ainsi un poste transversal, intervenant sur toutes les rubriques en appui aux différents responsables.
Ses journées types au bureau commencent par une veille médiatique sur les réseaux sociaux et les médias spécialisés puis définit les sujets du jour avec son rédacteur en chef. Elle est ensuite libre d'organiser son travail comme elle le souhaite, à condition de remettre ses articles avant 18h0. Le rythme diffère toutefois lorsqu’elle est en déplacement ou en reportage.
Manon souligne l’importance de plusieurs qualités pour exercer le métier de journaliste. Elle insiste notamment sur la polyvalence et l’esprit critique, indispensables pour ses travaux de recherche et d’investigation. Elle évoque aussi la nécessité d’être très réactif face à l’actualité, ainsi que de posséder une discipline de travail constante et de solides capacités d’organisation. L’aspect qui l’a le plus surprise concerne l’écriture : le style journalistique est très différent du style académique. Elle doit désormais écrire de manière précise, simple, directe et lisible, loin du style parfois plus complexe des dissertations universitaires.
Elle apprécie la stimulation intellectuelle permanente qu’offre la profession. Elle aborde constamment de nouveaux sujets et se rend régulièrement sur le terrain. Elle est aussi fière d’être journaliste, et souligne l’importance de l’environnement professionnel, qui est pour elle d’une grande qualité aujourd’hui.
Manon a été recrutée à la suite d’une candidature spontanée, au moment où Batiactu envisageait d’ouvrir un poste plus généraliste. Elle insiste donc sur le fait que son parcours reste relativement rare et conseille aux aspirants journalistes de porter une attention particulière à la réputation de l’école et du master choisis. Cela facilite l’insertion professionnelle, notamment grâce au réseau et à la notoriété des formations. Les parcours plus spécialisés, comme le master In Situ, peuvent toutefois constituer un atout pour se diriger vers la presse spécialisée.
Ce que Sciences Po Rennes lui a apporté
Sa formation à Sciences Po Rennes a permis à Manon de développer de solides compétences méthodologiques et une grande efficacité au travail. Elle met aussi en avant l’ouverture intellectuelle et politique qu’elle a développée lors de son parcours. Elle y a aussi construit son esprit critique et sa curiosité, indispensables pour le métier. L’apport le plus important est pour elle l’acquisition d’une capacité à être pluridisciplinaire, compétence primordiale utile pour le poste généraliste qu’elle occupe afin de couvrir des thématiques aussi variées (énergie, urbanisme, construction, environnement).
Sciences Po Rennes m'a apporté une ouverture au niveau de ma réflexion politique, c'est grâce à cette formation que j'ai la réflexion que j'ai maintenant. Cela m'a sensibilisé à plein d'enjeux que je trouve importants. Mais dans mon travail, c'est vraiment le fait de savoir passer d'un cours à un autre, tu passes de l'économie à l'histoire, à la géographie, et on est censé pouvoir gérer un peu sur tous les sujets. Je dois pouvoir passer de sujets énergie à des sujets de construction, à des sujets de matériaux, et je dois pouvoir faire du contenu qui est qualitatif. Il faut que je sois capable de m'approprier des sujets dans un temps assez court. Et je pense que Sciences Po Rennes m'a permis cela.