Son Parcours
Timothée Cantard rejoint Sciences Po Rennes en 2011. Il y suit deux années de formation Sciences Po, durant lesquelles il se découvre une appétence pour l’économie. Il décide donc d’effectuer sa troisième année en fac d’économie, à l’université de La Plata en Argentine. Il revient ensuite à Sciences Po Rennes pour un master dans le parcours affaires européennes et internationales. Timothée oriente son mémoire de quatrième année vers les sujets de soutenabilité et de gestion des ressources naturelles. Il décide ensuite de se consacrer à l'analyse du territoire par la géographie et la cartographie. Il effectue donc son master 2 à l’Institut de géographie de Paris. Son double diplôme de Sciences Po et de géographie obtenu, il complète son parcours avec un D.E.S.S. d’un an en géographie appliquée et sciences environnementales à l’université de Montréal.
Timothée a complété sa formation académique par de nombreux stages. Au terme de sa troisième année, il effectue un stage d’économie à l’université McGill (Canada), où il intègre les nouvelles théories de Thomas Piketty dans d’autres travaux. Son stage de quatrième année se déroule à l’IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture). Il travaille alors sur la question de la restauration de la continuité écologique des cours d'eau. Il effectue son dernier stage à Hanoï au Vietnam, au sein du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Il y travaille en tant que chargé d’étude sur les services urbains que l’élevage peut rendre dans la collecte et le traitement des déchets alimentaires.
Son métier
Timothée est écologue. Il étudie et analyse le fonctionnement des écosystèmes et pour comprendre, inventorier et analyser les interactions entre les espèces et leur habitat. L’objectif principal du métier est d’éviter la destruction d'espèces et les pertes de biodiversité. Il a d’abord passé plusieurs années en bureau d'études, où son travail principal consistait à faire des diagnostics écologiques dans le cadre d'études réglementaires sur divers projets. Il est désormais indépendant et travaille dans le Finistère, ce qui lui permet de choisir plus librement ses projets. Il oriente son travail vers la médiation et la vulgarisation artistique, notamment au travers de pratiques artistiques.
Ce qui m'intéresse, c'est de rendre accessible les données, de les interpréter et de jouer avec les publics qu'on va qu'on va cibler pour qu'ils s'en emparent, pour qu'ils puissent comprendre les enjeux autour d'espèces, autour d'habitats, et qu'ils puissent être acteurs de cette préservation.
Ses mois se répartissent en trois journées types :
- bureau : création, analyse et assemblage de données pour rédiger un rapport et créer de la cartographie ;
- expertise : sur le lieu de l’étude, inventaire des espèces présentes ;
- animation : restitution les résultats sous différentes formes, en atelier à vocation pédagogique, artistique et ludique afin de faciliter sa tâche de vulgarisation et de médiation scientifique. C’est aujourd’hui la facette qu’il préfère de son métier, mais aussi la plus ponctuelle (entre 4 et 5 jours par mois).
Il a aussi créé il y a 3 ans une association appelée Cui Cui. L’association fait de l'édition sur des fanzines pour parler de la biodiversité à travers différents formats. Elle fait aussi de l'animation et des performances artistiques.
Interventions à Sciences Po Rennes
Timothée fait régulièrement des interventions à Sciences Po Rennes depuis 2023. Il y partage ses méthodes de travail sur les sujets environnementaux. Ayant développé son expertise par la pratique du terrain, il a une approche unique qui passe beaucoup par la pratique. Il amène les étudiantes et étudiantes à approcher l’écologie d’une manière vivante et concrète.
C'est important quand on va parler des enjeux environnementaux, en particulier de la biodiversité, de s'y confronter et d'aller montrer c'est quoi un écosystème. [...] si on n'a pas d'exemple concret, si on rend pas ça tangible avec les espèces qui vont habiter les territoires sur lesquels on va travailler, je trouve qu'on reste à côté, parce qu’on ne se rend pas compte. Parfois on peut dire des choses qui sont pleines de bonne volonté mais qui ne fonctionnent pas simplement parce que on ne comprend pas en fait ce qu'a besoin, par exemple, un hérisson pour vivre. Et ça c'est important de le savoir avant de proposer des choses sur un territoire.
Ses interventions mêlent donc théorie et pratique pour permettre aux élèves de mieux appréhender la méthodologie sur les sujets de biodiversité. Timothée partage aussi son expertise sur la question des continuités écologiques. Il intervient à la fois sur les campus de Caen et de Rennes.
Ce que Sciences Po Rennes lui a apporté :
La formation Sciences Po a donné à Timothée un cadre de pensée autour des enjeux environnementaux, qui demandent de prendre en compte des dynamiques traitées par des disciplines d’une grande variété : histoire, sociologie, économie, géographie, écologie… Cette méthode de travail a pris au fur et à mesure des années pour lui donner une base solide de réflexion sur des sujets transversaux et de culture générale. Ceux-ci peuvent paraître anecdotiques par rapport à son travail, mais restent nécessaires pour prendre du recul.
Quand on va sur un territoire et qu'on doit comprendre ses enjeux, on va vouloir comprendre ses enjeux écologiques, mais pour ça, il faut aussi arriver à comprendre historiquement ce qui s'est passé. Et ça s'explique par des choix politiques, ça s'explique par des de la géographie, par des mouvements, parfois des mouvements sociaux, parfois des guerres. Et je pense que Sciences Po te donne ces réflexes pour te dire, ah oui en fait, l'analyse d'un territoire, c'est quand même quelque chose de croisé, de pluridisciplinaire, sur lequel il faut mobiliser des choses, des compétences différentes.
Si ses diplômes lui ont appris à développer des méthodes d’analyse, c’est par le terrain que lui est venue sa compréhension de l’écologie. Même si d’autres cursus restent plus adaptés pour devenir écologue, Sciences Po lui a donné une vision et des compétences généralistes, qu’il a su valoriser dans son parcours.
Le parcours Affaires européennes et internationales avait pour objectif de former les étudiantes et étudiants aux thématiques des relations internationales.
Aujourd'hui, Sciences Po Rennes propose deux masters au sein de l'École des Affaires Internationales :
- MasterAffaires Publique Européennes (APE) - Campus de Rennes
- MasterAnalyse et Gouvernance Internationale des Ressources et des Risques (agiR) Campus de Rennes