Son parcours
Après un baccalauréat scientifique, Mathieu Philippot rejoint, par concours, Sciences Po Paris pour un cursus de cinq ans. Il y effectue une année d’échange aux États-Unis, puis un stage en agence d’urbanisme à Washington D.C. De retour en France, il suit un master en affaires publiques. Puis, souhaitant ajouter à la formation généraliste de Sciences Po une touche plus spécialisée, il rejoint un master en aménagement du territoire et transport, co-enseigné par l’École des Ponts et Chaussées et l’École d’urbanisme de Paris. En parallèle, il prépare le concours de la haute administration pour continuer ses études à l’Institut national des études territoriales de Strasbourg (INET), qu’il intègre en 2017. Il complète sa formation avec de nombreux stages en collectivités territoriales et en agences d’urbanisme.
Mathieu a commencé sa carrière professionnelle en 2018, avec trois mois passés en agence d’urbanisme à Strasbourg sur les questions de planification et d'aménagement du territoire alsacien en coopération avec l'Allemagne. Il a ensuite rejoint la nouvelle agglomération du Cotentin, en Normandie, en tant que directeur des mobilités, poste dans lequel il est resté environ six ans. Ce poste, à la fois stratégique et opérationnel, fourmillait de projets et d’opportunités. L’agglomération venait de se créer, et tout restait à faire : aménager et réaménager l’espace public de Cherbourg, développer un réseau de mobilité à l’échelle de 11 anciennes intercommunalités, et surtout une direction à construire. L’agglomération était responsable non seulement des 80 000 habitants de Cherbourg, mais aussi des 100 000 répartis dans les communes alentour.
Son métier
Au terme de ces six ans dans le Cotentin, Mathieu a voulu diversifier, prendre plus de recul par rapport à sa pratique, et a donc saisi l’opportunité de rejoindre l’agglomération de Redon, qui avait créé un an plus tôt un poste de directeur général adjoint développement et transition. C’est une nouvelle fonction marquée par sa transversalité, qui regroupe de nombreuses politiques : aménagement, urbanisme, mobilité, tourisme, enseignement supérieur, environnement, gestion de l’eau…
Mathieu exerce un métier en majorité managérial et ne porte directement qu’un ou deux projets à la fois. Il vient en appui de ses équipes, pour lesquelles il cherche à se rendre constamment disponible. Il organise donc des temps réguliers, à la fois individuels et collectifs, afin de favoriser au mieux le travail commun. Ces temps sont destinés aux autres managers et directeurs, mais aussi aux agents de terrain lors de séminaires pour partager les projets. Il invite d’ailleurs régulièrement les autres cadres, et même les agents d’autres services, à se rendre avec lui sur le terrain afin de favoriser les échanges.
Cela permet à chaque service de valoriser ce qu'ils font et d'avoir une interconnaissance au niveau de la collectivité qui est plus forte plutôt que chacun dans son silo, sans forcément voir le sens commun des actions qui sont menées. Parce qu'on a vite tendance, comme je disais, à être ciblés. c'est difficile quand on n'est pas à un niveau de direction générale ou à un niveau politique de voir ce qui se fait à l'échelle de toute la collectivité.
Son poste lui demande de saisir les enjeux et d’accompagner ses collègues sans être expert des nombreux sujets et thématiques qu’il doit traiter. C’est une gymnastique intellectuelle permanente et stimulante, qui lui demande de trouver comment apporter une plus-value sans avoir le temps de pouvoir rentrer dans le détail des projets. Cela implique donc de savoir prioriser les sujets en conservant une vision générale et de long terme. Les compétences de synthèse, de gestion du temps et d’anticipation sont donc primordiales. C’est aussi un métier fondamentalement humain, qui apporte un soutien multiforme aux différents acteurs du projet afin de réduire au maximum les difficultés et frictions rencontrées, qu’elles soient techniques, humaines ou politiques. Il travaille d’ailleurs en étroite relation avec les élus, qu’il assiste régulièrement pour assurer la transmission et le suivi des projets.
Ce qui est important sur les fonctions managériales, c'est vraiment d'investir, d'investir les liens avec humilité et d'être assez exemplaire dans la façon dont on incarne sa fonction.
Mathieu apprécie particulièrement l’impact sur les habitants, les citoyens. C’est pour lui la force des collectivités : le rapport de proximité et la possibilité de vivre l’impact concret de ses actions. C’est un métier très valorisant. Il apprécie aussi grandement la possibilité d’agir à la fois sur des aspects stratégiques et opérationnels.
Son rôle à Sciences Po Rennes
Monsieur Philippot intervient ponctuellement au campus de Caen de Sciences Po Rennes depuis 2019. Il a présenté plusieurs cours, dont un d'introduction aux collectivités territoriales pour les élèves en master 1. Avant de déménager à Redon, il donnait aussi des cours d'introduction en droit de l'urbanisme et sur les mobilités. Il anime aussi parfois des atelier par exemple sur le projet urbain, où il a proposé aux étudiantes et étudiants de jouer le rôle d'un cabinet d'études venant proposer un projet urbain aux élus, à la manière d'un "serious game". Il apprécie intervenir au campus de Caen, et continue à transmettre la pédagogie et l'état d'esprit Sciences Po dans ses cours.
Dans toute pratique professionnelle, quand on est sur un domaine, on a tendance à mettre les œillères, à être très ciblées sur son domaine. En fait, on se rend pas compte forcément de toutes les interfaces et les possibilités. De transposition, de soutien, les parallèles. Et c'est vrai qu'une formation généraliste comme Sciences Po, ça permet de cultiver cette transversalité là. Et ça, c'est précieux quand on arrive dans le champ professionnel, parce que chacun arrive avec ses expertises techniques.