master ORIT

Rapport sur le logement étudiant à Caen : les conclusions des élèves de quatrième année du campus de Caen

11/02/2026 11:31

Depuis le début de l’année, les étudiants et étudiantes des masters du campus de Caen (ORIT et INSITU) réalisent une étude sur le logement étudiant dans le cadre de leur cours de Méthode mixtes dirigé par Alexis Alamel. Le 29 janvier, la restitution de leur travail a eu lieu face à des étudiants et à plusieurs professionnels du logement de l’écosystème caennais.

Sciences Po Rennes

En septembre, les élèves de master 1 se sont lancés dans une étude ambitieuse du logement étudiant à Caen. Ils commencent par un questionnaire distribué partout dans Caen, qui reçoit plus de 700 réponses, constituant une base de travail intéressante pour comprendre les enjeux du sujet. S’ensuit une phase d’entretien, durant laquelle chacun rencontre des acteurs institutionnels et des étudiants de Caen, pour approfondir les enjeux soulevés par le questionnaire. 30 entretiens sont effectués et permettent aux étudiants et étudiantes de faire des analyses qualitatives et quantitatives du sujet. S’ensuit la rédaction du rapport qui permet de faire un état des lieux de la question du logement étudiant, et de faire des analyses sur divers sujets : la tension du marché du logement, l’intégration des étudiant dans la ville, le quartier, la sociabilité des étudiants par leur logement, ou encore leur bien-être en lien avec le logement.

Un marché du logement sous tension :

Le rapport fait état d’un marché locatif tendu pour diverses raisons. Cela provoque pour les étudiants, de plus en plus nombreux à Caen (aujourd’hui environ 36 000 pour 110 000 habitants), des difficultés à trouver un logement, menant à des stratégies d’adaptation : rapidité dans le choix du logement, recherche de logement de plus en plus tôt, conservation du logement durant l’été même si on ne reste pas dans la ville et logements de plus en plus en périphérie pour avoir moins de difficultés à trouver un appartement. Cette difficulté modifie aussi les critères de choix du logement : l’analyse met en avant que 50% des répondants au questionnaire considèrent le prix du logement comme le premier critère lors de la recherche d’un appartement, parfois au détriment par exemple de la performance énergétique ou de la localisation du logement. L’étude porte aussi sur le lien entre les locataires étudiants et leur propriétaire. Du côté des étudiants, le lien au propriétaire dépend du type de location (parc privé, résidence, CROUS, …). Du côté des propriétaire, les étudiants et étudiantes sont majoritairement perçus positivement du fait de l’aide des parents. Pour les étudiants qui n’ont pas l’aide des parents, la situation locative est donc souvent plus précaire.

La sociabilité et l'intégration des étudiants par le logement

Le rapport se centre également sur la thématique de l’intégration des étudiants par leur logement à trois échelles : dans son logement, dans son quartier et dans la ville. La majorité des répondants à l’étude habitent seul. Toutefois, ce n’est pas le fait d’habiter seul qui joue sur les personnes que l’on invite dans son logement, mais plutôt la satisfaction du logement. Plus on se sent bien dans son logement, plus on y invite des proches. Par ailleurs, le fait de partager des espaces communs avec d’autres étudiants (dans les CROUS ou les résidences privées par exemple) permet d’avoir davantage de liens avec d’autres étudiants. L’étude fait aussi état d’une faible intégration des étudiants dans leur quartier. L’intégration dans la ville est beaucoup plus importante, mettant en avant le fait que l’échelle pertinente pour les politiques publiques étudiantes est la ville plus que le quartier. En revanche, le sentiment d’intégration des étudiants dans la ville n’est pas un sentiment d’appartenance, comme le met par exemple en avant le fait que les étudiants voteront pour les municipales davantage dans leur ville d’origine que dans leur ville d’étude.

Photos prise lors de la restitution du 29 janvier.

Alimentation, bien être, mobilités : quel lien entre les problématiques étudiantes communes et logement ?

Les résultats de l’étude portent pour finir sur le lien entre des problématiques communes aux étudiants (alimentation, bien être, mobilité) et le logement.

Concernant l’alimentation, les équipements souvent faibles des appartements étudiants ont un impact sur la capacité à avoir une alimentation variée. Par ailleurs, 7% des répondants au questionnaire doivent faire l’arbitrage entre s’alimenter et chauffer leur logement, dont la majorité choisie de s’alimenter. Le logement et l’alimentation étant souvent des postes de dépense obligatoire, ils peuvent donc jouer sur la précarisation d’une partie des étudiants.

Le bien être a été étudié via diverses questions précises autour du sommeil, de la capacité à travailler dans son logement. Etant une question très subjective et difficilement mesurable, ces points de référence permettent de donner une idée de comment les étudiants vivent dans leur logement. Il ressort que le logement peut avoir un impact positif ou négatif sur le bien être selon la qualité de celui-ci (isolation thermique et sonore notamment).

Enfin, la mobilité est une question majeure concernant le logement : la situation du logement dans la ville conditionne le coût des transports et le temps passé dans ceux-ci. Ainsi, la localisation du logement par rapport au centre-ville et aux lieux d’étude est le deuxième critère des étudiants lors du choix du logement.

La restitution

Ce rapport et les analyses qu’il contient a été un travail structurant du premier semestre des étudiants et étudiantes des masters caennais. Cette restitution en présence d’étudiants et de professionnels du logement caennais, dont des élus de Caen la mer, a donc été l’occasion de discuter de la valorisation du rapport à l’extérieur de l’école. Le retour du public professionnel et étudiant a été très positif. Du côté des étudiants et étudiantes ayant réalisé l'enquête, ils et elles ont apprécié l'opportunité de pouvoir travailler sur un sujet qui les touche personnellement de manière professionnalisante.

C'était un travail stimulant et exigeant qui a rythmé tout notre premier semestre. Je suis fier qu'on ai pu, à notre échelle, participer à la production de savoirs scientifiques et locaux.

Mathias DAVID Etudiant en M1 IN SITU au Campus de Caen

Pour contacter les étudiants et étudiantes qui ont produit ce rapport, écrivez à 

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