Militante écologiste et auteure de Faire écologie ensemble : la guerre des générations n’aura pas lieu (2023), Laura Falco est venue au campus de Caen le 20 janvier 2026. Elle y a échangé avec les étudiantes et étudiants autour des enjeux écologiques en France. Doctorante travaillant sur l’intégration de la transition écologique dans les politiques publiques, elle a partagé sa vision de l’écologie et de ses évolutions actuelles.
L’écologie par défaut
Léa Falco remet en question la moralisation au sein de l’écologie par les “éco-gestes”. Elle met en avant que ces petits gestes du quotidien défendus par une partie de l’écologie cachent le côté éminemment politique du sujet. En effet, nos gestes du quotidien sont pré-organisés pour nous par les infrastructures qui nous entourent et qui ne nous poussent pas à être “écolos”. Par exemple, la mise en place de pistes cyclables encourage les habitants à faire du vélo, là où sans pistes cyclables faire du vélo est plus dangereux.
Le triangle de l’inaction
La société est vue comme un triangle dont chaque pointe représente une part de la société : les citoyens et citoyennes, les entreprises et les politiques publiques. On l’appelle triangle de l’inaction car chaque pointe renvoie les responsabilités du changement aux autres. Par exemple, les entreprises renvoient la responsabilité aux citoyens en disant que c’est à eux de changer leurs habitudes pour impulser des changements de modèles économiques.
Le backlash écologique
La question du “backlash écologique” a été évoquée par Mickaël Marie qui coordonnait les échanges. Léa Falco répond en disant qu’il faut relativiser ce backlash qui lui semble surtout médiatique. Elle remet donc en question cette perception et appelle à ne pas l’intérioriser et donc perdre en motivation.
Photos de la conférence de Léa Falco, animée par Mickaël Marie et Nicolas Escach
Les attachements
Evoquant Alexandre Monnin, qui était venu lui aussi pour une conférence au campus, Léa Falco a rappelé la question des attachements. En effet, la redirection écologique doit selon elle ne pas être que technique mais doit aussi se faire dans nos esprits et dans nos attachements. Les attachements sont “ce à quoi on tient, et ce qui nous tient” (Alexandre Monnin), c’est-à-dire ce dont on a l’impression de ne pas pouvoir se passer. Léa Falco prend l’exemple des jardiniers de services communaux qu’elle a rencontrés dans le cadre de sa thèse. Elle s’est rendu compte qu’ils avaient un attachement à la propreté, à l’ordre dans les parcs communaux plutôt qu’à la nature, ce que les pouvoirs publics ne prennent pas en compte. Pour avoir des politiques publiques ambitieuses, il faut donc pouvoir rediriger ces attachements.
Les questions du public
A la fin de cette conférence animée par Mickaël Marie, Léa Falco a pu échanger avec le public. Urgence temporelle, difficulté de mener la redirection écologique à des échelles spatiales plus importantes, émergence de la sécurité sociale de l’alimentation… de nombreux sujets ont été approfondis ensemble. Ces échanges ont été suivis d’un apéro normand, moment convivial qui a permis de poursuivre des échanges informels passionnants et de recueillir les avis de chacun et chacune.
Une conférence enrichissante sur l'écologie qui nous amène à repenser notre place dans une société en plein Backlash médiatique