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Portrait de Léa Sénégas

par Chable

Léa Sénégas : « Ma thèse porte sur les politiques régionales de soutien à l’agriculture biologique »

Ancienne étudiante de Sciences Po Rennes (2010), Léa Sénégas est doctorante au sein du laboratoire Arènes, rattaché à Sciences Po Rennes. Elle enseigne notamment la sociologie des territoires.

 

Pourriez-vous décrire en une phrase vos problématiques de recherche ?

Ma thèse porte sur les politiques régionales de soutien à l’agriculture biologique dans une perspective comparative entre deux régions françaises (Auvergne et Bretagne) et deux Länder allemands (Hesse et Basse-Saxe). 

 

Quels sont le ou les courants et revues de recherche que vous suivez particulièrement dans votre discipline ?

Je m’inscris principalement dans le courant de la sociologie de l’action publique. Je m’intéresse aux institutions régionales en interrogeant ce faisant la régulation politique multiniveaux des sociétés contemporaines en particulier concernant le secteur agricole. Les revues proches de mes thématiques se segmentent en deux groupes principaux : les revues généralistes de science politique, la Revue française de science politique et Politix, mais aussi Gouvernement et action publique, Pôle Sud ainsi que la revue Regional and federal studies ; les revues plus spécialisées sur les thématiques agricoles comme Économie rurale et Sociologia Ruralis.

 

Avez-vous des méthodologies de recherche que vous affectionnez particulièrement ?

Ma recherche s’appuie principalement sur un recueil de matériaux qualitatifs. Les deux sources que je privilégie sont les entretiens semi-directifs sur les différents terrains analysés, ainsi que l’étude des archives et les documents institutionnels. Les deux méthodes se complètent particulièrement bien lorsqu’il s’agit d’analyser l’évolution de l’action publique de manière diachronique (sur plus de 30 ans dans le cas des politiques régionales de soutien à l’agriculture biologique). 

  

« J’ai eu l’opportunité de présenter aux étudiants certains de mes résultats de recherche »

 

Comment parvenez-vous à trouver un équilibre entre vos activités de recherche et d'enseignement à l’IEP ? Avez-vous des exemples de fertilisation croisée entre ces deux activités ?

À titre personnel, je ne parviens pas au stade où j’en suis dans ma carrière, à mener les deux activités de front de manière synchronique. Jusqu’à maintenant, j’ai segmenté la temporalité des deux activités. Je me suis consacré à mes cours lors d’un semestre de monitorat puis d’une année d’ATER. Les périodes durant lesquelles je me suis consacrée à mes travaux de recherche pour ma thèse, j’ai seulement réalisé quelques vacations de manière ponctuelle.

En termes de contenu, la discussion entre les cours et le travail de thèse n’est en général pas aisée puisque les cours donnés sont majoritairement sans liens directs avec nos objets de recherche lorsque nous sommes ATER ou moniteur. Pour ma part, j’ai eu cependant l’opportunité au travers d’interventions en master GMT de présenter aux étudiants certains de mes résultats de recherche. En outre, les cours magistraux de sociologie des territoires, que j’ai donnés aux étudiants de deuxième année durant mon année en tant qu’ATER, se sont révélés relativement proches de mes thématiques de recherches. La préparation de ces cours m’a ainsi permis de mettre en perspective mes travaux de recherche dans un champ scientifique plus vaste. Par ailleurs, de manière indirecte, donner des cours oblige à la clarté et à la précision, qualités nécessaires au processus de rédaction qui s’acquièrent progressivement.

 

Y a-t-il des terrains de recherche que vous aimeriez explorer dans un avenir proche ?

Dans le prolongement de mes travaux sur l’agriculture biologique, une thématique m’intéresse particulièrement : la manière dont les problématiques environnementales touchent les milieux ruraux. Cela concerne tant les transformations des pratiques agricoles que l’enjeu de la patrimonialisation de certains espaces ruraux. 

 

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