cours quatrième année

Séminaire Politiques européennes

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Discipline : Science politique
Nom de l’enseignant : Jean-François POLO
Nombre d’heures : 48H - Semestre 1 Semestre 2
Nature et forme de l’épreuve : CT - Ecrit/oral -H
ECTS : / cursus international : CC 3 ECTS
Code Erasmus : UFCE95U

Descriptif :

En 2017, fêtera-ton le 60ème anniversaire de la signature du Traité de Rome instituant la Communauté Economique Européenne (25 mars 1957) ? En effet, l’Europe communautaire, devenue l’Union européenne (UE), traverse une période de doutes, voire de crise durable et multidimensionnelle. Elle s’observe d’abord dans la perte de confiance des citoyens européens dans le projet politique de l’Europe. La participation aux élections européennes reste particulièrement faible et les échecs français et danois aux référendums de 2005 ont conduit les responsables politiques à privilégier d’autres modes de ratification des traités pour éviter les sanctions du su rage universel. La crise de la dette publique grecque depuis 2008, suite à la crise économique mondiale, les différents plans de sauvetage successifs, la peur d’une réaction en chaine dans d’autres économies européennes fragiles, les débats sur le « Grexit » ont encore contribué à donner l’image d’une Europe impuissante, gouvernée par les intérêts des Etats les plus puissants de l’UE, notamment l’Allemagne. Cette méfiance vis-à-vis de l’Europe a été instrumentalisée dans les débats politiques nationaux, comme au Royaume-Uni qui organisera le 23 juin 2016 un référendum sur la sortie de l’UE. Il est devenu commun également de dénoncer le déficit démocratique d’une Europe technocratique, soumise aux intérêts économiques, qui négocie dans le plus grand secret le traité de libre-échange transatlantique avec les Etats- Unis. La crise des réfugiés, en n, qui a conduit l’UE à signer avec la Turquie (le 18 mars 2016) un accord pour renvoyer vers la Turquie les migrants et réfugiés parvenus jusqu’en Grèce, discrédite une Europe jugée égoïste, inquiète, repliée sur elle-même.

Cette situation peu reluisante interroge les citoyens, les médias, les responsables politiques. La seule revue française de science politique entièrement dédiée à l’Europe a consacré son dernier numéro à ces questionnements avec un titre provocateur « Faut-il encore étudier l’Union européenne ? » (Politique européenne, n°50, 2015).

Pourtant l’Europe continue de mener des politiques publiques, certes contraintes par les règles du commerce mondial et les réalités de la globalisation. Les décisions européennes continuent d’a ecter les espaces nationaux et infranationaux. La réussite de certaines actions comme le programme Erasmus ou le programme MEDIA ont été saluées comme de véritables réussites. Et malgré les critiques et la montée des partis nationalo-souverainistes dans les Etats membres, un certain nombre de pays frappent encore à la porte de l’UE. Enfin, l’Europe est également devenue un espace de mobilisations sociales et politiques transnationales de plus en plus critiques à l’égard des politiques communautaires et des choix dictés par les exigences budgétaires de la Commission et leurs applications par les Etats membres.

Le séminaire « Politique européenne » vise à analyser les dynamiques et les diverses dimensions de la construction et des politiques européennes en donnant aux étudiants les outils théoriques et les données empiriques pour en saisir la complexité. Dans le cursus à l’IEP, l’intégration européenne n’est perçue qu’à travers la présentation de généralités institutionnelles, juridiques et économiques. Ce séminaire vise donc justement à dépasser le sens commun et les banalités pour prendre la mesure des multiples transformations en cours nées de l’intégration européenne et l’influençant en retour.

D’une part, le fonctionnement réel et quotidien de l’Union européenne se révèle bien plus fin, complexe et captivant qu’il n’est en général présenté dans les médias ou dans les approches de l’Europe pour néophytes. D’autre part, on néglige souvent l’impact parfois peu perceptible de l’Europe sur les sociétés politiques jusqu’alors ‘nationales’. On peut et on doit ainsi s’interroger sur les effets de l’Europe sur les élites, les médias, l’action collective, les politiques publiques, les partis politiques, les identités, etc.

En se focalisant sur l’Europe au concret ce séminaire – organisé autour de la rédaction d’un véritable mémoire de recherche exigeant un travail de terrain – permet de réaliser de véritables enquêtes qui ne soient pas disproportionnées. Ainsi, nombre de sujets qui n’impliquent pas nécessairement de se rendre à l’étranger peuvent être envisagés. Par exemple, la mise en œuvre des politiques européennes et des projets européens, les discours et la communication de et sur l’Europe, les usages politiques de l’Europe, l’action d’ONG ou de groupes d’intérêts ou bien encore les liens entre les médias et l’Europe qui peuvent être analysés au niveau européen ont constitué d’excellents terrains d’étude au niveau local et national pour les étudiants du séminaire. Il constitue un socle indispensable à la poursuite aussi bien d’un parcours recherche (Master 2 Action et espaces publics en Europe ; Master 2 Histoire et Relations Internationales) que professionnel (Master 2 Politiques européennes, Master 2 Expertise de l’Action Publique Territoriale).

L’organisation de ce séminaire s’organise autour de trois axes :

• Acquisition d’une connaissance avancée des politiques et du système politique de l’UE.

• Acquisition d’une méthodologie de sciences sociales

• Echanges et débat avec des spécialistes de l’UE provenant de différentes disciplines

Outre la réalisation du mémoire et la présentation régulière des avancées de leurs recherches, les étudiants devront préparer et présenter un travail de suivi de l’actualité communautaire avec approfondissement d’un sujet (enjeux, contexte, problématique). Cet exercice se fera par petit groupe de deux/trois étudiants pendant une durée d’une heure, avant les conférences des intervenants.

Exemples de mémoires réalisés dans le cadre du séminaire :

  • Le traitement médiatique de l’Europe en région : le cas du journal télévisé de France 3 Bretagne

  • La mobilisation des étudiants de Villejean contre la réforme LMD

  • L’apprentissage de l’UE par les jumelages. L’exemple de Rennes

  • L’Europe un jeu d’enfant ? Les stratégies d’information et de communication de l’UE à destination des enfants.

  • L’application du programme communautaire LEADER en Ecosse

  • Tous les chemins mènent-ils à Bruxelles ? La représentation des intérêts bretons auprès des institutions européennes

  • Le programme MEDIA : quand l’Europe fait son cinéma

  • Un programme culturel européen : Prospéro

  • De l’économicisation de la culture aux prémisses d’une politique culturelle communautaire

  • L’Europe dans les politiques de communication institutionnelle : l’exemple de la Région Bretagne

  • INTERREG III A : une modalité de renforcement de la position de la Région dans le schéma de décentralisation en France ?

  • L’européanisation des politiques d’égalité des chances entre les hommes et les femmes : cas de deux projets en Bretagne

  • The road to Paris goes through Brussels: the regressive europeanization of a national interest group

  • L’UE et le Conseil de l’Europe: quel espace européen des droits de l’homme ?

  • La mise en place du SEAE

  • Perceptions islandaises de l’UE

  • Les non inscrits au Parlement Européen

  • Langue régionale et Europe

Exemples du parcours ultérieur des étudiants du séminaire :

- Poursuite d’études : Master professionnel « politiques européennes » (IEP/Rennes 1), Master recherche Action et espaces publics en Europe » (IEP/Rennes 1), Master professionnel, « Juriste en droit de l’UE » (Faculté de droit, Rennes 1), Master recherche, « Droit approfondi de l’UE et droit de l’OMC » (Faculté de droit, Rennes 1), Master professionnel « communication politique et sociale » (Université de la Sorbonne), Celsa (école de communication), Master professionnel « Politiques européennes, Parcours Métiers de l’Europe et de la Coopération Franco-Polonaise » (IEP Strasbourg), Master professionnel « Politiques européennes Parcours Métiers de l’Europe et de la Coopération Franco-Germanique » (IEP Strasbourg), Master professionnel « European A airs » (Université d’Exeter), Master recherche « European Studies » (Université d’Exeter), Collège d’Europe de Bruges, Doctorat à Institut Universitaire de Florence.

- Activités professionnelles : attaché de presse, attaché parlementaire, stage dans les institutions européennes, lobbyiste, chargé de communication et de relations publiques, chargé de mission Europe, responsable de cellule Europe au sein d’institutions publiques ou d’entreprises, journaliste spécialisé, programmatrice de théâtre, etc.

Bibliographie :

Non renseignée