cours quatrième année

L'entreprise responsable

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Discipline : Sociologie
Nom de l’enseignant : Pierre Victoria
Nombre d’heures : -H -
Nature et forme de l’épreuve : - -H
ECTS : / cursus international :
Code Erasmus :

Descriptif :

Le jugement des citoyens sur l’entreprise est ambivalent.

D’une part, l’entreprise est considérée comme un bienfait. Elle est une construction humaine collective, qui est source d’emplois, de revenus individuels et de richesse pour les territoires. Il n’y a qu’à constater le drame que signifie la fermeture d’une entreprise pour s’en convaincre. Aussi convient-il de préserver et de faire fructifier cette valeur commune.

Par ailleurs l’entreprise subit une triple contestation : sur son rôle et sa contribution à l’intérêt général, notamment en France ; sur le fait qu’elle puisse être utile à de nombreuses parties prenantes, et pas seulement à quelques-unes ; sur sa capacité à préparer l’avenir et prendre en compte des intérêts plus larges que ses seuls intérêts immédiats. Pas un jour ne passe sans qu’on l’accuse d’être égoïste, cupide, « court-termiste » ou polluante. Si l’on n’enraye pas cette vague de critiques qui sape sa légitimité à exercer son activité, alors l’entreprise se trouvera marginalisée et en danger.

L’entreprise n’est pas un objet monodimensionnel, elle est un écosystème d’acteurs variés. Elle est appelée à devenir un pôle d’équilibre conjuguant respect des personnes et intérêts collectifs, un projet commun contribuant entre autre à l’intérêt général.

Comment passer de la logique, de l’actionnaire propriétaire au compromis entre les différentes parties prenantes ? Comment mettre la dynamique entrepreneuriale au service de nouvelles prospérités durables et partagées ?

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE), entendue comme «  La responsabilité d’une organisation vis-à-vis de ses impacts, de ses décisions sur la société et sur l’environnement se traduisant par un comportement éthique et transparent qui contribue au développement durable ; prend en compte les parties prenantes, est intégrée dans l’ensemble de l’organisation » (définition de la RSE dans la norme ISO 26000), constitue-t-elle la réponse unique et universelle aux interrogations des différentes composantes de la société ?

Elle pose la question de la légitimité de l’entreprise en affirmant que la manière dont une entreprise s’inscrit dans son environnement, traite ses salariés, dialogue avec ses parties prenantes détermine sa recevabilité à produire et à vendre.

La RSE n’est pas une affaire de vertu ou de morale. Elle relève d’une démarche construite, conduisant à des actions concrètes et mesurables.

Mais la RSE apporte aussi un plus au développement durable, une vision partenariale de l’entreprise à travers la relation avec les parties prenantes. Celles-ci sont à la fois internes à l’entreprise, c’est la question du dialogue social et externe à l’entreprise c’est le dialogue avec les acteurs de la société civile.

Repenser l’entreprise, comme un dispositif de création collective est indispensable au moment où, à travers la RSE, elle est investie de nouvelles responsabilités sociales et environnementales et que les attentes et exigences des citoyens-consommateurs à son égard sont croissantes.

Telle est la problématique proposée à travers ce séminaire sur « l’entreprise responsable ».

 

Proposition de programme

1) Licence à opérer : enjeu de la légitimité

  • L’entreprise et le citoyen : qu’attend l’opinion publique de l’entreprise ; quel regard sur les comportements plus avancés et prédictifs des comportements à venir : les prosumers
  • Repenser l’entreprise comme une création collective et non la propriété des actionnaires : une déconstruction idéologique qui s’impose

2) La responsabilité environnementale et sociale de l’entreprise : de la philanthropie à la régulation

2.1 l’ère des fondations : une histoire anglo-saxonne

2.2   la régulation des entreprises : de la loi NRE ( 2001) au devoir de vigilance « raisonnable »(2017)

2.3 l’émergence de la soft-law : iso 26000 ; principes directeurs de l’OCDE ; directive RSE européenne ; code AFEP-MEDEF

2.4 Un nouveau cadre mondial  pour les biens communs : les Objectifs du développement durable des Nations Unis (2015-2030)

3) Les nouveaux arbitres: investisseurs socialement responsables et agences de notation extra-financières autour d’une double exigence de transparence et de performance sociale et environnementale

4) La RSE dans la stratégie de l’entreprise: de nouveaux outils d’intégration et de pilotage : matrice de matérialité et rapport intégré

5) L’enjeu de la co-construction d’un projet collectif : les parties prenantes internes et externes. Dialogue social et démocratie dans l’entreprise. Le rôle des « plateformes multi acteurs »

6) Une gouvernance partagée ? les administrateurs salariés au cœur de la transformation pour une gouvernance partagée et apaisée

7) Vers l’entreprise durable et responsable

Changer l’entreprise : revoir sa définition, le statut du dirigeant. Vers l’entreprise de mission : le projet de société a objet social étendu (SAOSE) . Pour un actionnariat de long terme.

 

Propositions d’intervenants (sous réserve et non limitative)

  • Nicole Notat , présidente de Vigeo-Eiris
  • Daniel Lebègue, président de Transparency International
  • Dominique Potier, député et rapporteur de la loi sur le devoir de vigilance
  • Patrick d’Humiéres, fondation d’Institut RSE, responsable de la chaire Développment durable Ecole centrale
  • Bettina Laville, présidente du Comité 21
  • Armand Hatchuel, professeur Mines Paris Tech, coordonateur du séminaire «  a qui appartiennent les entreprises
  • Aude de Castet, directrice de la communication Institut de l’entreprise
  • Virgile Chassagnon , directeur de l’Institut pour la recherche sur l’économie de l’entreprise

  

Mode d’évaluation

Les étudiants seront amenés à travailler en binôme sur une étude de cas.

Bibliographie :